Ils rêvaient le monde - Trajectoires de Colporteurs

 

L’épopée des revendeurs de la quincaillerie thiernoise et des colporteurs des Bois noirs est tout à fait insolite et extraordinaire.

Durant près d’un siècle, ils vont parcourir la France, l’Europe, puis d’autres continents, poussant leurs commerces toujours plus loin, des côtes et des îles méditerranéennes jusqu’au Moyen-Orient et aux portes de l’Asie, des Canaries aux petites et grandes Antilles jusqu’aux trois Amériques.

Profitant du désengagement des marchands-bourgeois qui monopolisaient jadis la vente des productions thiernoises, poussés par la nécessité de trouver des ressources complémentaires pour nourrir leur famille, leurs effectifs gonflés par la surnatalité, ils sont rapidement devenus maîtres dans l’art de vendre.

Mais ils ne se sont pas contentés de proposer les produits de la Montagne thiernoise. Après avoir gagné la confiance de fabricants lyonnais et espagnols, ils revendent des couvertures, des articles textiles ménagers et des vêtements divers, s’adaptant sans cesse aux attentes et aux goûts des acheteurs étrangers. Opportunistes, ils vendent aussi des armes en Sicile et en Italie garibaldienne, en Grèce et en Turquie aux riches habitants inquiets du brigandage local, au Mexique, pendant la tragédie Maximilienne, suivant les troupes de Napoléon III.

Dans le versant forézien des Bois noirs, les colporteurs vont se charger de la filasse de chanvre et de coton et commercer la mousseline de Tarare.

Mais, contrairement à d’autres régions où le colporteur s’exporte au loin et ne revient plus, celui des Bois noirs reste attaché à son terroir, et les capitaux gagnés par son habilité commerciale, lui servent à acheter des terres et à construire ou améliorer son habitat familial. Les exceptions à cette fidélité sont tardives et ne concernent que quelques colporteurs enrichis dans le négoce international ou encore ceux devenus bazardiers dans l’opulente Champagne. Car, comme l’heureux voyageur de poète Du Bellay, le colporteur de la Montagne thiernoise et des Bois noirs ne pense, fortune faite, qu’à « vivre entre ses parents le reste de son âge ».

Pour vous faire revivre cette grande aventure, nous avons sélectionné 30 destins significatifs, des plus heureux aux plus tragiques.

 

Errata

Page 2 (Les remerciements) : Nous avons attribué à tord les recherches et les écrits qui nous ont servi à rédiger le chapitre 6 à Jean Roman alors que nous aurions dû indiquer Jean Magnier. Cette regrettable confusion, nous amène à signaler que le découvreur du dossier judiciaire fut à l’origine Gérard Pierre Roman (frère de Jean Roman).
Nous avons entièrement réécrit l’histoire à notre façon et nous émettons d’ailleurs finalement, contrairement à la version de Jean Magnier, des doutes quant à la culpabilité du colporteur Tarrérias.
Le lecteur qui souhaiterait établir une comparaison entre les deux versions peut se reporter à la publication faite par le magazine web Histoire-Généalogie (https://www.histoire-genealogie.com/Au-bout-du-long-et-si-rude-chemin-l-abime-1ere-partie) ou dans notre revue Le Colporteur des Bois Noirs n°19 à 22.

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